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Eric Legale — Innovation publique, numérique territorial, IA

Intelligence artificielle : le coût environnemental caché que les collectivités ne peuvent plus ignorer

L’intelligence artificielle consomme de l’énergie, de l’eau et des ressources naturelles à une échelle souvent méconnue. Un récent rapport des Nations Unies invite les collectivités à regarder au-delà des promesses technologiques. Mais loin d’appeler à un rejet du numérique, il souligne aussi le rôle que l’IA peut jouer pour accélérer la transition écologique des territoires. Une question qui sera au cœur des débats du Festival #VivaIssy.

L’IA est devenue un outil du quotidien. Elle rédige des textes, analyse des images, assiste les agents publics et aide les décideurs à mieux comprendre leur territoire. Mais derrière cette révolution technologique se cache une réalité moins visible : l’IA consomme de l’énergie, de l’eau et des ressources naturelles dans des proportions qui interrogent désormais les acteurs publics.

C’est l’un des principaux enseignements du rapport The Environmental Cost of AI, publié le 3 juin dernier par l’Institut des Nations Unies pour l’Eau, l’Environnement et la Santé (UNU-INWEH). Ses auteurs invitent à regarder au-delà des seules performances des modèles d’intelligence artificielle pour prendre en compte leur empreinte environnementale globale. Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Les centres de données qui alimentent les services numériques et les systèmes d’IA ont consommé près de 450 térawattheures d’électricité en 2025. Leur consommation pourrait dépasser 900 térawattheures par an d’ici 2030. Le rapport souligne également les besoins croissants en eau pour refroidir les infrastructures et produire l’énergie nécessaire à leur fonctionnement.

Pour autant, les chercheurs de l’ONU ne plaident pas pour un ralentissement de l’innovation. Leur message est plus nuancé : l’intelligence artificielle peut aussi devenir l’un des outils les plus efficaces pour répondre aux défis environnementaux du XXIe siècle.

C’est précisément ce paradoxe qui concerne les collectivités locales.D’un côté, les villes développent de plus en plus de services numériques et expérimentent de nouveaux usages de l’IA. De l’autre, elles sont directement confrontées aux conséquences du changement climatique et doivent atteindre des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas de choisir entre numérique et écologie, mais de trouver le bon équilibre. Les applications concrètes se multiplient déjà sur le terrain. L’intelligence artificielle permet d’optimiser les consommations énergétiques des bâtiments publics, de mieux réguler les déplacements urbains, de réduire certains gaspillages ou encore d’améliorer la gestion des réseaux d’eau. Elle ouvre également de nouvelles perspectives pour la préservation de la biodiversité. Grâce à l’analyse automatisée de données environnementales, les collectivités peuvent identifier les zones les plus sensibles, suivre l’évolution des espaces naturels ou mesurer plus précisément l’impact de leurs politiques de végétalisation.

Les technologies numériques permettent aussi de mieux informer et mobiliser les habitants. Cartographie participative, suivi des consommations, outils d’aide à la décision ou plateformes citoyennes : autant de leviers qui peuvent contribuer à accélérer la transition écologique des territoires.

La question devient alors essentielle : comment faire en sorte que les bénéfices environnementaux apportés par l’intelligence artificielle soient supérieurs aux ressources qu’elle consomme ?

Cette interrogation sera au cœur d’une table ronde organisée dans le cadre du Festival #VivaIssy.

Le lundi 15 juin, de 16h30 à 17h30 à l’ISEP, quatre experts confronteront leurs analyses lors d’une session intitulée « Numérique et Climat : problème ou solution ? ».

Marc Léobet (Mens Data), spécialiste des impacts environnementaux du numérique, Charles Huot (Cap Digital / Eclairion), acteur du développement d’infrastructures numériques plus sobres, Zarko Stojanovic, fondateur de Linné Paysages, engagé dans les questions de biodiversité urbaine, et Luca Fayoux-Cinelli (Issy Média), impliqué dans les projets de transformation numérique des collectivités, croiseront leurs regards sur cette tension devenue centrale pour les territoires. (S’inscrire ici)

Le numérique représente aujourd’hui près de 4 % des émissions mondiales de CO₂, soit un niveau comparable à celui de l’aviation civile. Mais il offre aussi des outils capables d’aider les villes à réduire leur empreinte carbone, à mieux préserver leur environnement et à adapter leurs politiques publiques aux défis climatiques. Aucune réponse n’est simple, mais il existe des pistes concrètes pour construire un numérique à la fois innovant, utile et responsable.

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